Douleurs solaires

Posted on Monday, June 18th, 2012 at 9:10 pm

À mon départ, la météo annonçait ensoleiller avec passages nuageux. Encore une fois, la météo était dans les patates. Les nuages qui encombraient le ciel de 10:00 se sont vite dissipés pour faire place à un ciel bleu et une chaleur ardante. Je sais qu’il ne faut pas se plaindre mais merde, il allait faire chaud.

J’ai rejoint Karine, Andréane et son copain Kevin au bord de la carrière Meloche, à Les Cèdres. L’idée originale était de shooter dans la carrière mais le fait de trépasser les enseignes de propriétés privées n’emballait personne. Nous nous sommes rendu de l’autre côté, là où une voie piétonnière publique rend l’accès plus facile. Au moment de choisir le matériel nécessaire pour le shoot, il était très évident que ce ne serait facile pour personne. Le thermomètre affichait déjà près de 25 degrés Celsius et le soleil n’était pas encore à son apogée. Heureusement que Kevin avait décidé de se joindre à nous. Dans de pareilles conditions, on accepte volontiers les services de sherpa offerts par les copains.

Une fois arrivé sur le site, après un exténuant 5 minutes de marche en forêt quasi Amazonienne, on s’est retrouvé en plein désert; une ouverture sablonneuse d’environ 200 mètres carré. Tout le monde avait déjà cette pellicule de sueur recouvrant la peau et imbibant nos vêtements. Dire que l’hiver passé j’ai annulé des shoots extérieurs parce qu’il faisait trop froid; je suis con.

Compte tenu de la chaleur, j’ai opté pour un éclairage simple; un seul flash et le beauty dish. Le flash ne servirait que pour faire un remplissage des ombres causées par le soleil derrière les sujets. Tout en installant le bordelle de trépied d’une tonne, la pile de 4 tonnes et le dish, j’ai tout bonnement laissé tomber mon 5DmkII dans le sable d’une hauteur respectable et suffisante pour qu’il s’enfonce amplement dans le sable. En le ramassant comme un enfant s’empresse de ramasser une boule de crème glacée fraîchement tombée au sol, j’ai réussi à remplir le par soleil de sable comme s’il était un vulgaire sceau de plage pour enfant. Bravo champion. Mon boitier de secours était resté à la maison afin d’alléger mon sac. Bravo encore Capitaine! Heureusement qu’il n’y avait pas de casse parce que ça aurait été vraiment concept de faire le shoot avec mon téléphone en prétendant que les photos seraient bonnes…

Andréane a débuté en premier. Le shoot était son idée. Elle s’inspirait d’un shoot qu’elle avait vu dans le Nevada. Voulant une touche sexy, sans aspect facile et voyeur, elle avait opté pour un chemisier léger et une culotte en dentelle. Le shoot a débuté progressivement. Ayant appliqué de l’huile sur ses jambes, il fallait éviter d’entrer trop en contact avec le sable au début de la session. Plus la session avançait, plus les poses progressaient pour finir au sol. À ce point-là, le sable collé sur la peau ne dérangeait plus vraiment.

Vient ensuite le tour de Karine. Karine voulait s’inspirer des vieilles pubs de Guess de Claudia Schiffer (merde, je me sens vieux tout d’un coup; j’en avais d’affichées sur mes murs au collège). Le chemisier sans manches était plutôt difficile à gérer, faute de pinces pour l’ajuster au dos. Après quelques essais donnant des résultats assez près du but recherché, nous avons changé de lieu pour entrer un peu plus dans la végétation. À ce moment, pour déconner, Karine a fait semblant d’utiliser une longue tige de végétation pour s’en faire un bandeau. Génial! Ne revêtant que son haut en bandeau et son bas de bikini, la touche qu’ajoutait la tige dans ses cheveux donnait un aspect tout à fait différent de ce que nous avions au départ. Ce fut là un des hauts points de la session.

Le soleil continuait de nous rôtir. Je ne supporte pas aussi bien le soleil que certains autres. La dernière fois que j’ai été au soleil ainsi, s’était en lune de miel où après quelques heures d’ensoleillement j’ai commencé à faire des cloches d’eau sur les épaules. À quelques reprises durant la session j’aurais aimé avoir une tante kitsch qui m’aurait rapporté un sombrero de son dernier voyage au Mexique. Andréane s’était changée et l’idée était de shooter dans la pente voisine. Cette pente était unidirectionnelle; elle n’allait que vers le bas et était impossible à remonter mais bon, ce deuxième élément m’était encore inconnu. Avec tout le génie qu’il me restait, j’ai réussi à mettre en équilibre mon trépied et mon flash dans une pente qui donnait l’impression que le sable défiait tous les principes de physique et d’angle naturel que l’on m’a instruit. Après quelques prises, Andréane et moi avons décidé d’aller au bas de la pente où le lac artificiel commençait pendant que Karine travaillait sur son bronzage, intelligemment positionnée au haut de la pente. Après constat que le soleil était beaucoup trop brutal, Andréane et moi décidions de remonter où Karine se trouvait. Bon, comme j’ai dit plus haut, la pente était unidirectionnelle et j’ai utilisé tout le jugement qu’il me restait pour maintenir en équilibre mon trépied. Donc pour me rendre au bas de la pente, j’ai apporté le foutu trépied, de crainte qu’il ne tombe au sol comme la semaine dernière pendant que nous inspections le lac. J’ai dû remonter la bordelle de pente unidirectionnelle avec le trépied d’une tonne, la pile de 4 tonnes et le dish… Je me suis sérieusement demandé si mon équipement valait réellement le coup d’une crise de cœur. À chaque enjambée que je faisais, j’arrivais à peine à monter de 2 pouces avec le recul du sable qui évidement réagissait maintenant à la gravité. S’était comme remonter un escalier mécanique en sens inverse en transportant une lampe solaire de 5 tonnes pointée dans mon visage. Comble de malheur, Kevin était allé chercher des Mister Freezes et le mien disparaissait plus vite que de la glace sur le BBQ.

À ce moment, nous avons pris la décision que nous ferions un arrêt dans le bois pour un dernier shoot La fraîcheur apportée par l’ombre des arbres a été vite contaminé par l’humidité végétale et les moustiques qui nous ont tendu un guet-apens. 4 heures plus tard, le matériel était rembarqué dans les véhicules, prêt à partir. Si c’était à refaire, je le referais, surement avec un sombrero. C’est au retour à la maison que je me suis rendu compte que le soleil avait encore une fois gagné la bataille. Les prochains jours seraient empreints de douleurs solaires.

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One Response

  1. Vincent says:

    Ha ha! Je ne suis donc pas le seul qui fait des folies pendant ses shoots! Quelle belle histoire! Beaucoup de sueur mais ça valait la peine car les résultats sont formidables! Félicitations à toi et aux deux modèles. En passant, mois aussi le soleil me cause des effets secondaires cutanés!

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